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Comment travailler avec le doute
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Je venais de mettre un point final à ce texte1, quelque peu taraudée par les questions éthiques que pouvait poser la pratique du doute en formation. Pourquoi, comment et sous quelles conditions le pratique-t-on ?
Comment l'utilisation d'une pédagogie visant l'autonomie met la plupart des apprenants dans le doute de leurs capacités et des miennes est, en soi, génératrice d'anxiété me dit alors Alessandra Busato2 lors d'un voyage en train. Nous décidions donc de poursuivre cette réflexion ensemble.
Privilégies-tu un modèle pédagogique ?
Alessandra Busato : " Mon modèle pédagogique est celui du constructiviste interactif. Il se caractérise essentiellement par l'idée que ce sont les apprenants qui construisent leur savoir à partir de situations proches de la réalité d'utilisation de ce savoir et, grâce aux interactions entre leur savoir " déjà-là " et celui des autres : condisciples, formateurs, livres…
Ce modèle fonctionne suivant un système d'essai-erreur. En effet, il présuppose que c'est par une série d'essais et d'erreurs (les erreurs modifiant les essais suivants) qu'on finit par acquérir de nouvelles compétences (il faut être tombé plusieurs fois de son vélo pour trouver son équilibre et avoir roulé longtemps pour être tout à fait à l'aise). Une fois cette nouvelle compétence acquise, elle peut être remise en jeu dans des contextes de vie réelle.
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Presse alternative :
des microcosmes lanceurs d'alerte |
La presse alternative est toujours une mise en situation sur un champ donné. L'espace de représentation autre qu'elle veut incarner va de la simple vigilance à la confrontation radicale en passant par le décryptage éclairé. Son référent et son anti-mo-dèle, sa cible : les médias dominants, et conventionnels. Son sujet : les pouvoirs et les valeurs dont les médias " officiels " sont le miroir plus ou moins fidèle, quand ils ne sont pas accusés d'en être les valets.
Qu'est-ce qui rend un média alternatif ? Et alternatif par rapport à quoi ? Par rapport aux médias conventionnels. Médias autonomes, médias libres, médias indépendants, information critique : la presse alternative veut incarner une rupture sur le champ de la communication dominante, ou à tout le moins la doubler d'une autre voix, critique et distanciée, éloignée des impératifs commerciaux, de la dictature de l'audience et de l'immédiateté, à l'abri d'un salariat (les journalistes rémunérés) nécessairement affadissant , à distance des élites qui monopolisent la parole publique. Quand elle ne veut pas changer le monde, elle veut nourrir et élargir le débat d'une autre manière, sur d'autres aspects plus en phase avec la réalité quotidienne de groupes sociaux laissés pour compte, avec une autre vision que celle du néolibéralisme ambiant. Elle veut aller au fond, dans le fond des choses de la vie en société. Traditionnellement de gauche, elle se fonde sur une pluralité de points de vue et accueille ici des journalistes bénévoles, là des citoyens rédacteurs, des gens de terrain. Son contenu est, par définition, engagé et militant, sur le fond et quelquefois sur la forme.
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Dans les coulisses d'Indymedia Bruxelles |
" Média participatif à publication directe ". C'est la définition de l'un des collaborateurs du collectif Indymedia Bruxelles. Autour d'une tasse de café un jour de marché à la place Saint Josse, voyage dans les coulisses d'un centre de média indépendant.
Ils sont trois autour de la table : pseudos Miluskaya, Cheri et prénom Augustin. En préalable, le décor est planté dans un échange de courriels. " La presse alternative est une presse indépendante, non-commerciale, qui n'est pas composée uniquement de journalistes et autres experts. Elle est économiquement et éditorialement indépendante, critique et engagée politiquement. Le site Indymedia est un espace de publication libre où chacun peut transmettre de l'information et réagir de manière constructive aux contributions des autres. Par cette approche, nous voulons stimuler la participation de chacun à l'information, favoriser un regard non conformiste et encou-rager l'esprit critique ". C'est, explique Miluskaya, " une réponse individuelle d'un des membres du collectif. Elle ne constitue en aucune mesure une réponse collective représentative d'Indymedia Bruxelles ".
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Zapata est vivant, la lutte continue :
chronique de l'altermedi |
Les nouvelles méthodes de communication révolutionnaire inventées par l'Armée Zapatiste de Libération Nationale font partie de l'inconscient collectif des médias alternatifs. C'est ainsi que les centres de médias alternatifs trouvent leur source au Mexique : Zapata est vivant, la lutte continue....
Pour la presse alternative, Internet a été une bouffée d'oxygène, un levier à bon compte d'émancipation médiatique, un incubateur de réseaux de solidarité, un laboratoire d'exploration de nouvelles formes et de dynamiques originales de mi-litance informationnelle. C'est dans les années 90 qu'on retrouve les traces des premières utilisations du net comme outil de mobilisation et de média d'information alternatif. L'EZLN (Ejército Zapatista de Liberación Nacional) a pris les armes le 1er janvier 1994, au jour même d'entrée en vigueur du traité de libre commerce entre le Mexique, les Etats-Unis et le Canada. Quelques milliers de guérilleros jaillissent de la Forêt lacandone pour investir la ville de San Cristóbal de Las Casas. En tout, cinq municipalités du Chiapas, une région touristique située à l'extrême sud du Mexique, tombent sous le contrôle des " petits hommes vrais ". Dirigée par le sous-commandant Marcos, l'EZLN revendique la terre pour ceux qui la travaillent, exige l'éducation, la santé et la dignité pour tous, le respect des populations et des cultures indiennes. Le site mis en ligne en mars 94 permettra de dribbler les canaux d'informations traditionnels, et donnera une visibilité médiatique mondiale à la cause défendue par l'EZLN. C'est de ce serveur en ligne que seront transmis dans le monde entier les discours de Marcos et les communiqués officiels, infos et commentaires du mouvement révolutionnaire. Le 12 janvier 1994, l'EZLN déclare un cessez-le-feu unilatéral. Le 16 février 1996, le mouvement signe un accord avec le gouvernement mexicain sur les droits des populations indigènes et l'engagement de trouver une solution négociée à leurs divergences. L'EZLN deviendra l'emblème de la lutte contre la globalisation néo-libérale.
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