Rue de Charleroi, 47

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Du lundi au vendredi

De 9h00 à 16h30

Dans les secteurs associatif, coopératif et non-marchand, à titre individuel ou collectif, nombre d’acteurs contribuent aujourd’hui à un décloisonnement de leurs démarches respectives, permettant de dépasser un sentiment diffus d’isolement et d’impuissance.

Le travail de recherche mené au CESEP s’inscrit dans ce mouvement. Il s’intéresse à ces dynamiques d’émancipation, de solidarité et de critique, y compris là où elles sont sous-jacentes, dans les espaces où leurs expressions et mises en commun sont timides, voire entravées. Nos enquêtes contribuent à mettre au jour et à formuler des convergences et divergences d’action, de pensée et de valeurs. Nos études s’appuient des expériences concrètes, des repères méthodologiques et théoriques, et des visées politiques et critiques. Elles visent à rendre nos lecteurs capables de produire leurs propres analyses (ce qui passe, entre autre, par un compte-rendu rigoureux de la démarche).

Systématiquement articulées aux autres modes d’intervention du CESEP (publication, accompagnement et formation), nos études participent à la définition de nouvelles collaborations et à garantir la pluralité.

2021-2022

Territoires Zéro Chômeur de Longue Durée en Région de Bruxelles Capitale Identifier des activités économiques pertinentes pour les territoires et leurs habitants
Par Julien CHARLES

L’article 23 de la Déclaration universelle des droits humains fonde le principe d’un chômage garanti, mais aussi d’un emploi garanti : « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage ». Les Régions bruxelloise et wallonne se sont engagées à répondre à ce défi, entre autres en adaptant l’expérimentation française des Territoires zéro chômeur de longue durée. En Wallonie, le projet est intégré au récent le plan de sortie de la pauvreté mais il s’y trouve dénaturé. A Bruxelles, une étude économique récente (KULeuven/FactorX, réalisée à la demande d’Actiris) calcule un solde positif de 94.000€ par an et par ETP à partir de la 5ème année de mise en œuvre du projet.

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« Aux confins » Travail et foyer à l’heure du (dé)confinement par Julien CHARLES et Samuel DESGUIN
Par Julien CHARLES et Samuel DESGUIN

Partie I – craintes et espoirs des confiné·es

La lecture des centaines de témoignages recueillis au cours de cette enquête nous permet de saisir toute la diversité des vécus du confinement. Beaucoup y évoquent des expériences inédites : repli sur le quotidien et le domicile, nouvelles habitudes de consommation, liberté presque intimidante, ennui qui semble poindre. Le confinement apporte son lot de souffrances (éloignement des proches, inquiétude et perte de repères…) et son lot de bénéfices (temps retrouvé, prise de recul par rapport à la vie d’avant…).

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2019-2021

Territoires zéro chômeur de longue durée en Belgique : 20 conditions pour une appropriation réussie

Depuis quelques années, la France expérimente des « Territoires Zéro Chômeur de Longue Durée ». L’ambition est énorme : il ne s’agit pas seulement d’assurer un salaire et un statut à des personnes éloignées de l’emploi, mais aussi de permettre l’émancipation des travailleurs, d’assurer la durabilité écologique et sociale des territoires et de contribuer à la vitalité démocratique de nos sociétés ! Dans cette étude, Julien Charles, Elise Dermine et Paul Hermant soulignent les urgences.

auxquelles cette expérimentation entend répondre et identifions ses caractéristiques principales, ses forces et ses limites. Une analyse d’autant plus nécessaire que la proposition est inscrite dans les déclarations de politiques régionales wallonne et bruxelloise de 2019 et qu’il ne s’agit pas d’importer le modèle sans questionner l’exemple français

Éprouver l’égalité. Pratiques et enjeux démocratiques de l’insertion socioprofessionnelle au CESEP

A partir d’entretiens collectifs réalisés avec les stagiaires en ISP au CESEP, nous nous intéressons à leurs expériences de travail et à leurs propositions visant à « réparer » celui-ci. Pour eux, le travail n’est pas seulement un moyen de gagner de l’argent. Ces échanges dessinent un autre horizon : celui d’un travail comme expérience de l’égalité et la dignité. La direction à donner aux réparations donc est toute trouvée ! L’enjeu est alors de s’interroger sur les comportements politiques suscite l’écart entre ces espoirs et les expériences concrètes du travail et du chômage, mais aussi et surtout de formuler des propositions concrètes pour répondre à ces attentes.

2017-2018

Quand SMart devient une coopérative. Pratiques et enjeux du travail démocratique
Par Julien CHARLES, Isabelle FERRERAS et Auriane LAMINE

Cette enquête, sur et avec la coopérative de travailleurs autonomes SMart, appréhende cette entreprise comme une « capacité collective », au sens où elle permet à ses membres d’exercer individuellement et collectivement l’autonomie qu’ils placent au cœur de leur engagement professionnel. Le passage en coopérative est vu comme une tentative d’institutionnalisation de cette dynamique, une reconnaissance explicite du caractère politique du travail et de la nécessité de l’intégrer dans une organisation démocratiquement gouvernée.

Récupération populiste du populaire
Par Julien CHARLES

Étymologiquement, la démocratie désigne l’exercice du pouvoir (kratos) par le peuple (demos). Le terme ne désigne pas la gestion du monde par la voie du consensus mais un pouvoir conquis et exercé par la masse, une égalité politique avec les aristocrates et les bourgeois qui, jusqu’il y a peu, n’ont reconnu des droits politiques qu’à eux-mêmes. (…)
Aujourd’hui, par un virage à 180 degrés, le recours au peuple est devenu synonyme de mise en danger de la démocratie (ou plus précisément des institutions du gouvernement représentatif). A juste titre, les sciences sociales et les médias nous font régulièrement part de leurs inquiétudes à l’égard d’incarnations récentes du populisme, marquées du sceau de l’extrême droite. (…)

Vers une démocratisation du monde du travail. Propos d'étape
Par Julien CHARLES, Isabelle FERRERAS et Auriane LAMINE

La sécurité sociale a été construite sur une idée simple et puissante : chaque citoyen doit être assuré de vivre dignement. Historiquement, le système de protections dont les salariés bénéficient est conditionné à l’abandon de leur autonomie au travail. Aujourd’hui, les travailleurs sont nombreux à prendre distance avec l’idée et les pratiques de subordination au travail. Comment répondre à cette soif d’autonomie sans mettre en péril nos conditions matérielles d’existence et en renforçant nos liens de solidarité ? De quels dispositifs juridiques héritons-nous pour y parvenir ? Quelles sont les principales propositions actuellement débattues et expérimentées sur ces enjeux ?

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Récupération populiste du populaire
Par Florence DARVILLE et Eric VERMEERSCH

La mise en pratique du droit comptable spécifique aux ASBL a maintenant 10 ans. La législation impose aux plus grandes de publier leurs comptes à la Centrale des bilans de la Banque nationale. Nous en avons profité pour analyser la santé financière des associations d’Education permanente au travers d’un échantillon de 21 d’entre-elles. Comment ont-elles vécu depuis 2007 ? Sont-elles plus ou moins solides ? Quels sont leurs points forts et leurs points faibles ? Comment ont évolué l’emploi et les coûts salariaux ? Quelle est la structure de leurs coûts, de leurs produits et de leur bilan ? Existe-t-il une « carte d’identité » financière des associations d’Education permanente ? Nous en avons également profité pour dégager des éléments pertinents d’analyse, applicables et utiles à de telles associations, en ne suivant pas systématiquement les grands standards de l’analyse financière issus du monde marchand.

Au coeur des pratiques de l’animateur de groupe. Tisser, éveiller, impulser
Par Marie-France SIMON

Les injonctions et aspirations à l’autonomie et à la responsabilité individuelles, associées à la fragmentation du tissu sociétal, rendent difficile la mise sur pied de démarches et d’actions collectives. Dans ce contexte, comment les animateurs de groupe parviennent-ils à tisser le fil de l’action politique et citoyenne ? Comment font-ils face aux transformations de leurs publics, institutions, lieux et objets de travail ? Comment contribuent-ils à transformer le public en acteurs capables de se positionner et d’agir ? Comment participent-ils au développement des pouvoirs individuels et collectifs ? Bref, à la construction de quelle société participent-ils par l’animation de groupe ?

L’apport des groupes participatifs d’enfants et jeunes (usagers ou bénéficiaires) à la conception, la mise en œuvre, le suivi ou l’évaluation de services sociaux. Enseignements tirés d’expériences.
Par Florence DARVILLE et Eric VERMEERSCH

L’Observatoire a lancé, en 2015, une recherche documentaire portant sur des dispositifs impliquant des enfants et des jeunes usagers de services dans la conception, la mise en œuvre, le suivi ou l’évaluation de ces services. Il s’agissait de s’interroger prioritairement sur des expériences (belges ou étrangères) mises en œuvre à un niveau local dans le cadre de services sociaux.

Transition démocratique au travail. Défis et confusions
Par Lionel CASTERMAN, Julien CHARLES, Christine DELHAYE et Isabelle FERRERA

Après s’être professionnalisées, de nombreuses associations s’interrogent aujourd’hui sur leurs modalités d’organisation du travail. Certaines souhaitent évoluer vers d’autres modes de fonctionnement interne, plus démocratiques. Ce mouvement est large et ne touche pas seulement les associations : services (para-)publics et entreprises privées s’y engagent également. Il naît de la confrontation aux limites de la démocratie parlementaire, qui ne permet bien souvent pas de faire valoir l’égalité démocratique au-delà de l’isoloir. N’est-il pas temps que le quotidien des travailleurs cesse de contredire l’idéal démocratique qui fonde notre société ? Mais est-il possible de parler de démocratie dans le cadre du travail salarié ? Quels sont les gains démocratiques qui peuvent être envisagés dans cette situation ? Sur quels objets, avec quels participants et quelles techniques ces avancées se réalisent-elles ? Cette étude entend répondre à ces questions en démêlant également quelques malentendus fréquents autour de l’idée et des pratiques de transition démocratique au travail.

Recherches en Education permanente et en sciences sociales. Quelles analyses critiques de la société ?
Par Julien CHARLES

L’Education permanente et les sciences sociales critiques contribuent l’une et l’autre à la production d’analyses critiques de la société. S’y prennent-elles de la même manière ? Que font-elles des résultats de ces recherches ? Comment participent-elles à l’émancipation et à la démocratie ?
Pour répondre à ces questions, cette étude investigue, à partir d’une dizaine d’entretiens, l’espace de recouvrement entre Education permanente et sciences sociales : leurs relations et les conditions d’un dialogue fructueux entre elles, leurs solidarités et leurs luttes communes. La qualité et le sens de cette rencontre doivent être évalués à l’aune des actions suscitées par ce dialogue. Il devrait permettre des « actions intelligentes », évitant les ornières de la routine et de l’empressement.
Penser et agir ne sont alors pas deux activités opposées. Elles sont plutôt à articuler soigneusement, dans une dynamique d’enquête et d’expérimentation, laquelle contribue à faire advenir une société plus juste, plus solidaire et plus démocratique.

Persona non grata
Par Julien CHARLES

L’absence de certaines franges de la population des dispositifs participatifs et l’incapacité de ceux-ci à prendre en compte une part importante des contributions des personnes présentes sont deux phénomènes troublant les observateurs et les promoteurs de la participation, laquelle ne leur semble jamais suffisamment participative. Ce malaise est fondé sur l’idéal, contrarié par les expériences concrètes, d’une participation sans condition, intégralement ouverte et inclusive. Mais les tentatives de réalisation de cet idéal ont des conséquences pratiques éloignées de ses prétentions : il soutient des dispositifs peu hospitaliers et n’honorant pas les qualités des participants. Pour penser l’ouverture et l’inclusion par la participation, ne faut-il pas reconnaître que certaines différences valent d’être prises en compte alors que d’autres nuisent à la poursuite du projet commun ? C’est ce que les théories de l’espace public démocratique que nous passons ici en revue défendent depuis des perspectives très variées. Pour faciliter l’appréhension empirique de cette question, nous proposons ensuite de travailler la notion de seuil : espace-limite, celui-ci représente également pour nous un espace critique fertile. 

Recherches en Education permanente et en sciences sociales. Quelles analyses critiques de la société ?
Par Julien CHARLES

Depuis une vingtaine d’années, le CESEP a développé une spécificité : proposer des stages d’été de qualité, à un public large et diversifié, dans des domaines allant de la peinture à l’écriture journalistique en passant par l’assemblage de métaux. Certains de ces stages proposent des moments de vacance, prémices à l’émergence d’un regard neuf ; d’autres ont une visée émancipatrice ou politique. En tant qu’opérateur reconnu d’Education permanente, nous nous sommes interrogés sur la pertinence des stages d’été par rapport à notre mission. Dans le but de questionner cette adéquation, nous avons entrepris une étude qui a consisté à rencontrer plusieurs intervenants des stages d’été. Ces rencontres ont permis de tisser, à partir d’un fil ténu, les implicites et les prérequis d’une démarche potentiellement politique.